Ferrari 512 S Modulo – le futur sous un seul toit
Ferrari 512 S Modulo à l’Essen Motor Show 2005. Photo : Thomas Vogt from Paderborn, Deutschland, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.
Voitures d'exception · Pininfarina

Ferrari 512 S Modulo – le futur sous un seul toit

L’étude radicale de Paolo Martin pour Pininfarina a transformé la voiture de course en manifeste stylistique roulant.

Lorsque la Ferrari 512 S Modulo fut dévoilée à Genève en 1970, elle ne ressemblait guère à ce que les visiteurs pouvaient commander chez un concessionnaire. Sous sa carrosserie blanche, qui semblait presque flotter, se cachait une mécanique de compétition – mais le plus radical était la manière dont Paolo Martin avait redessiné les rapports entre les roues, l’habitacle et la carrosserie.

PartagerFacebookXLinkedInWhatsAppMessengerE-post
Par Cecilia WahlReporter · Voitures de luxe et design automobile
4 novembre 2026 · 3 min de lecture

Traduit du suédois avec l'aide de l'IA.

Une Ferrari sans équivalent

La Ferrari 512 S Modulo de 1970 est un concept-car dessiné par Paolo Martin chez Pininfarina et construit par la maison italienne de design et de carrosserie sur une base de compétition Ferrari. Elle fut présentée au salon de Genève la même année. La production en série n’a jamais été l’objectif : la Modulo devait montrer jusqu’où l’on pouvait pousser les formes de l’automobile en laissant de côté les contraintes du quotidien.

La verrière de la Modulo, coulissée vers l’avant, donne accès à l’habitacle biplace. Le concept-car de Pininfarina remplace les portes latérales classiques par un accès qui fait partie intégrante de l’expérimentation stylistique. Illustration générée par IA.
La verrière de la Modulo, coulissée vers l’avant, donne accès à l’habitacle biplace. Le concept-car de Pininfarina remplace les portes latérales classiques par un accès qui fait partie intégrante de l’expérimentation stylistique. Illustration générée par IA.

Le point de départ était la Ferrari 512 S, le sport-prototype créé pour les courses d’endurance et pour affronter, entre autres, la Porsche 917. Cela fait de la Modulo bien plus qu’une sculpture portant un emblème célèbre. Ses proportions sont celles d’une machine de course basse, dont le moteur se trouve derrière l’habitacle, et non celles d’une voiture de tourisme habillée de panneaux futuristes.

Le contexte de l’époque compte. Les maisons de design italiennes exploraient alors les lignes en coin, les arêtes vives et de nouvelles façons d’agencer l’habitacle et son accès. La Modulo poussa l’expérience plus loin que la plupart. Elle ne proposait pas une future Ferrari à vendre en concession, mais concentrait la capacité de Pininfarina à s’affranchir des solutions établies.

La carrosserie qui enveloppe les roues

Ce que l’œil cherche d’abord, ce sont les roues. Elles sont bien là, mais restent en grande partie dissimulées derrière les flancs de la carrosserie. Ainsi disparaît l’un des moyens d’expression les plus courants de la voiture de sport : les passages de roue nettement marqués. À la place, la Modulo se lit comme deux volumes minces, séparés par une ligne horizontale sombre qui fait le tour de la voiture.

La Ferrari Modulo vue de trois quarts avant au Museo Ferrari. Photo : Morio, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
La Ferrari Modulo vue de trois quarts avant au Museo Ferrari. Photo : Morio, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Sa célèbre peinture blanche renforce l’impression d’un objet modelé d’un seul bloc. Lors de sa première présentation, la voiture arborait toutefois une teinte sombre ; la livrée blanche est venue plus tard. Cette différence mérite d’être gardée à l’esprit lorsque l’on compare les photos d’exposition. Même une icône du design aussi soigneusement composée a connu plusieurs vies visuelles.

Une verrière basse coiffe l’habitacle. Elle coulisse vers l’avant pour donner accès aux deux places, au lieu de recourir à l’ouverture de portes latérales classiques. Cette solution fait de l’accès à bord une partie du spectacle. Elle montre aussi tout ce qui la sépare des exigences de la production en série en matière de facilité d’accès, d’étanchéité et d’utilisation sur des places de stationnement étroites.

Derrière l’habitacle, le capot moteur comporte 24 ouvertures rondes. Leur motif régulier tranche avec les grandes surfaces lisses et laisse deviner la mécanique. C’est l’un des détails les plus caractéristiques de la voiture : un motif fonctionnel qui devient aussi un ornement, sans baguettes chromées ni décoration traditionnelle.

L’habitacle suit la même démarche expérimentale. Les deux places sont rapprochées sous la verrière, et des modules de commande spécifiques regroupent les commandes autour des occupants. Ici, l’exclusivité n’est pas d’abord une question d’essences de bois ou de quantité de cuir. Elle tient au fait que chaque élément est subordonné à une idée qu’aucune voiture de série ordinaire n’avait à concrétiser.

Une mécanique de course, mais pas un essai classique

La désignation Ferrari ancre la voiture dans un univers technique concret. Sa base appartient à la famille à moteur V12 de cinq litres en position centrale. Mais il importe de distinguer les caractéristiques de la voiture de course de l’histoire de la Modulo en tant que pièce d’exposition. La puissance du moteur et les performances théoriques ne disent pas automatiquement ce dont le concept-car était capable lors de sa première présentation.

La Modulo fut initialement exposée comme une étude de design, et non comme une voiture de route entièrement mise au point. Cet article ne repose sur aucun essai réalisé par nos soins. Sa vocation était avant tout d’attirer l’attention dans les salons automobiles et de démontrer le savoir-faire stylistique de Pininfarina.

Les roues carénées et la partie supérieure de la carrosserie très basse rendent également les compromis visibles. Une voiture de série doit ménager de la place pour le braquage, les débattements de suspension, la visibilité et l’entretien. La Modulo laisse au contraire l’ensemble visuel dominer. C’est précisément pour cela qu’elle paraît encore plus radicale que nombre de concept-cars ultérieurs.

Un seul exemplaire, plusieurs vies

En 2014, le collectionneur et constructeur automobile américain James Glickenhaus a acheté la Modulo à Pininfarina. Sous sa propriété, des travaux ont ensuite été entrepris pour la rendre roulante. Un nouveau chapitre s’est ainsi ouvert : de vedette de salon préservée, elle est devenue une réalisation historique que l’on pouvait aussi montrer en mouvement.

Pour un collectionneur, l’authenticité devient ici une question plus complexe que celle du bon code peinture et d’une sellerie assortie. Elle concerne aussi le rapport entre la configuration de la première présentation, la livrée ultérieure et les modifications techniques. L’histoire de la Modulo doit se lire comme une succession d’états documentés, et non comme une capsule temporelle intacte.

Aucun prix d’achat publiquement vérifié pour la transaction de 2014 n’est indiqué ici. La voiture a été construite en un seul exemplaire et ne dispose donc pas d’un marché normal de ventes comparables. Son exclusivité tient autant à l’idée de son créateur et au savoir-faire artisanal de Pininfarina qu’à sa mécanique Ferrari : une voiture qui a fait de la forme elle-même l’essentiel.

Sources

  1. Pininfarina, Modulo
  2. Ferrari, Ferrari 512 S
  3. Leonardo Acerbi, Ferrari: All the Cars (2006)
Demandez à Cars News

Posez vos questions sur « Ferrari 512 S Modulo – le futur sous un seul toit ». Les réponses s'appuient sur les articles du magazine.

À lire aussi dans les archives